Diane SETTERFIELD, Le treizième conte

Publié par le Juil 12, 2011 dans Blog | 0 commentaire

Diane SETTERFIELD, Le treizième conte

 

Présentation de l’éditeur :

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd’hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire, et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité. Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

L’auteur :

Diane Setterfield, spécialiste d’André Gide, vit à Harrogate (Yorkshire). Le Treizième Conte, son premier roman, vendu dans 34 pays, est devenu d’emblée un best-seller, en particulier aux États-Unis où il est entré n° 1 sur la liste du New York Times.

Titre original : The thirteenth tale

Année de publication : 2006

Premières lignes :

"On était en novembre. Il n'était pas encore très tard, et pourtant le ciel était déjà sombre quand 
j'empruntai Laundress Passage."

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Mon avis :


Je n’attendais rien de particulier de la lecture de ce roman, ce qui explique sans doute pourquoi je l’ai apprécié.  En effet, s’il est souvent risqué de placer de trop grands espoirs en certains ouvrages dûment adoubés par la critique et les maisons d’édition sous peine d’être cruellement déçu, il est en revanche fort agréable de se faire surprendre par un livre dont on ne sait rien.

Celui que je vais évoquer mêle plusieurs thèmes principaux, tels que les relations familiales et les secrets en leur sein, la gémellité, la littérature, sans oublier l’amour et aussi la nature. Dans une demeure typiquement anglaise, sise dans un paysage typiquement anglais, une romancière au soir de sa vie, Vida Winter, fait venir auprès d’elle une jeune femme (nommée Margaret Lea) pour lui conter son existence ainsi que celle de sa famille, dans le but de rédiger sa biographie. Seulement, Vida aime mentir et inventer, aussi Margaret devra démêler le vrai du faux afin que son travail soit aussi rigoureux que possible.

L’auteur adopte ici une trame narrative complexe et bien construite, basée sur des allers et retours constants entre passé et présent, qui se répondent et parfois même s’imbriquent. En effet, Margaret va devoir mener sa propre enquête sur Vida, ne pas prendre tout ce qu’elle lui raconte pour la stricte vérité et ce faisant, un lien, comme en miroir, se tisse entre elles, qui fera résonner le passé de la jeune femme.

Au fil du récit de Vida, qui déroule la vie de sa famille sur plusieurs générations, le lecteur découvre toute une galerie de personnages, pour certains excentriques, à la psychologie très fouillée. Bien décrits et fortement caractérisés, nombre d’entre eux sont également fortement perturbés par les drames qui frappent successivement la famille. Le récit connaît ainsi de multiples rebondissements, l’omniprésence de mystères ne faisant que renforcer le suspens qui irrigue le roman.

Un parallèle est clairement mis en place par l’auteur entre le manoir dans lequel se déroule l’intrigue (sur deux périodes de temps) et l’évolution des personnages qui le peuplent : de joyeux et flamboyant, le domaine perd progressivement de sa superbe, devenant triste et délabré. Ainsi les héros connaîtront eux-mêmes une lente décadence, loin de leur magnificence passée.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance très particulière nourrie par les descriptions détaillées de cette vaste demeure (dont le beau jardin se transforme peu à peu en une sorte de jungle), ainsi que des landes aux alentours, qui se nappent de brume dès la nuit tombée. Tout cela permet de créer cette atmosphère sombre, romantique et mystérieuse si propice au récit.

L’auteur, de par son écriture, fait d’ailleurs immédiatement penser aux grands auteurs victoriens (dits « gothiques ») du XIXe siècle, telles les sœurs Brontë avec Les hauts de Hurlevent et Jane Eyre, ou Wilkie Collins avec La femme en blanc. Quant au rythme de l’intrigue, il est volontairement assez lent, ce qui m’a semblé aussi agréable que reposant à une époque où les histoires semblent devoir se dérouler à toute allure.

Très bien écrit (et doté d’une excellente traduction), cet ouvrage voit l’auteur user d’un style ample et élégant afin de développer ce qui n’est rien moins qu’une véritable ode au pouvoir de la littérature et des livres, notamment ceux datant de l’époque victorienne.

Pour conclure, je dois souligner à quel point se dégagent charme et émotion de cette lecture. Au milieu des personnages attachants qui composent cette vaste saga familiale, se glisse cette question pertinente : comment discerner la vérité du mensonge, la réalité du conte ? Bref, ce retour en guise d’hommage aux grands classiques est donc aussi rafraîchissant que réussi, et surtout, il fait du bien !

Ma note :

 

 

 

 

Sept étoiles (sur dix).


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