Kate MOSSE, Labyrinthe

Publié par le Mar 7, 2013 dans Blog | 1 commentaire

Kate MOSSE, Labyrinthe

 

 

Présentation de l’éditeur :

Juillet 1209 : dans la cité de Carcassonne, Alaïs, dix-sept ans, reçoit de son père un manuscrit censé renfermer le secret du Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection et de préserver le secret du labyrinthe, né dans les sables de l’ancienne Egypte.
Juillet 2005 : lors de fouilles dans des grottes, aux environs de Carcassonne, Alice Tanner trébuche sur deux squelettes et découvre, gravé dans la roche, un langage ancien qu’elle croit pouvoir déchiffrer. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants : désormais, son destin est lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant… Traduit dans trente-six pays, Labyrinthe vient d’être récompensé aux British Book Awards.

 

L’auteur :

Kate Mosse est anglaise. Son roman Labyrinthe a été traduit en trente-cinq langues et a connu un immense succès international. Cofondatrice et présidente honoraire du Orange Prize for Fiction, Kate Mosse partage sa vie entre le Sussex et Carcassonne.

 

Titre original : Labyrinth

 

Année de parution : 2005

 

Premières lignes :

« LUNDI 4 JUILLET 2005
    Un filet de sang coule sur l'intérieur de son avant-bras, fin liseré vermeil sur une manche immaculée.
    Au début, Alice croit que c'est une mouche et ne s'en préoccupe pas. Les insectes font partie des
inconvénients inhérents aux sites archéologiques et, pour une raison qu'elle ignore, elle a constaté qu'il
y en a bien plus ici, en altitude, qu'en contrebas, sur le site de recherche principal. Puis une goutte
écarlate éclabousse sa jambe nue avec la soudaineté d'un feu d'artifice. »

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Mon avis :

 

Prêté par une amie, friande comme moi de romans historiques, j’ai entamé la lecture de cet ouvrage sans idées préconçues quant à son succès ou à sa popularité éventuels. Surfant comme beaucoup d’autres sur la vague rentable des polars historico-ésotériques à la Da Vinci Code (cette fois-ci, il s’agit du thème archi-éculé du Graal), on sent rapidement que Labyrinthe a été conçu pour être un véritable « page turner » (une fois commencé, vous ne pouvez plus le lâcher), le seul ennui étant que derrière cette efficacité un peu tape-à-l’œil, le lecteur ne trouve bien souvent que du vide…

L’originalité du roman repose sur la coexistence de deux univers parallèles, traités alternativement. En effet, deux héroïnes, deux destins de femmes semblent liés par-delà les siècles : en 1209, la jeune Alaïs, qui vit à Carcassonne, doit à tout prix protéger un mystérieux manuscrit confié par son père, tandis qu’en 2005, Alice (notez la subtile parenté dans le choix des prénoms !) découvre par hasard, au cours de fouilles menées près de la même ville, une grotte abritant deux cadavres et un texte ancien gravé sur la paroi, lequel va l’entraîner dans des recherches de plus en plus dangereuses.

Ainsi donc le récit va-t-il suivre ces deux femmes, sautant sans cesse d’un siècle à l’autre, sur une période de quarante ans pour la partie médiévale et une fourchette bien plus réduite pour la contemporaine. Premier problème pour moi : le manque d’équilibre entre ces deux parties. En effet, l’historique (1209-1249), qui traite principalement de la persécution des Cathares et des débuts de l’Inquisition, m’a semblé nettement plus riche et intéressante, si bien que la période contemporaine fait plus « gadget ».

En outre (et j’ai conscience de formuler souvent cette même critique), les personnages sont dans l’ensemble assez manichéens : rien pour sauver les « méchants » de leur noirceur d’âme, les « gentils » n’ont évidemment aucun défaut, quant aux inquisiteurs, ce sont tous des bourreaux et les Cathares, des victimes forcément innocentes… Bref, tout cela manque de subtilité et de nuances. Cela n’empêche pas de s’attacher quand même à certains comme Alaïs, héroïne courageuse et volontaire.

Quant à l’intrigue, après un début assez lent, elle enchaîne par la suite les rebondissements et tente de faire monter le suspens… ambition pas toujours couronnée de succès ! Parfois cousue de fil blanc (notamment en ce qui concerne la partie contemporaine), l’histoire a au moins le mérite de faire voyager le lecteur (principalement Carcassonne, mais aussi Chartres ou Montségur) et de le dépayser au travers de descriptions intéressantes de la vie quotidienne au Moyen Âge.

De même, j’ai apprécié les nombreux mots occitans qui émaillent le texte et contribuent à retranscrire une époque et un terroir. Quant aux recherches faites par l’auteur, elles semblent réelles, ce qui n’empêche visiblement pas quelques erreurs, pointées par des spécialistes. Or ce que j’aime justement dans les romans historiques, c’est la découverte de lieux, de modes de vie et d’événements… pourvu qu’ils soient avérés ! Voilà pourquoi j’en reviens toujours à mes auteurs de prédilection, connus pour leur sérieux et leur légitimité en la matière, Robert Merle et Paul Harding en tête.

En ce qui concerne la forme du roman, toute l’originalité de sa construction tient dans ce constant parallèle effectué entre les XIIIe et XXIe siècles, procédé certes plutôt agréable à suivre, mais qui s’avère parfois assez artificiel, notamment lorsqu’on décèle des similitudes quelque peu forcées entre les deux héroïnes.

Si on la compare au volume important occupé par l’intrigue principale (l’ouvrage compte quand même près de 800 pages), la fin semble expédiée, comme bâclée. De plus, assez outrancière, elle bascule soudain dans le domaine du fantastique, un concept auquel je n’ai pas du tout adhéré.

Je ne m’appesantirai pas non plus sur le style : passe-partout, il est certes fluide, mais assez fade et qui plus est, plombé par une mauvaise traduction (sans compter les nombreuses fautes d’orthographe oubliées au sein du texte).

En conclusion, malgré le côté original et plaisant de sa construction (que l’auteur, exploitant visiblement le filon, a repris sans vergogne pour son ouvrage suivant, changeant juste l’une des deux époques), ce roman, plutôt adapté à la période des vacances, se lira certes facilement et sans déplaisir, mais ne vous étonnez pas si comme moi, il ne vous en reste pas grand-chose une fois sa lecture achevée…

 

Ma note :

 

 

 

5 étoiles (sur dix).

1 Commentaire

  1. Savez vous que Labyrinthe a été adaptée en série et diffusée en 2012 et 2013 dans tous les pays qui l’ont achetée? Il ne reste que nous pauvres français qui n’avont toujours pas eu droit à cette superbe série!
    Que fait M6 qui est censée la diffuser? N’hésitez pas à écrire à la chaine sur leur site afin de leur demander de la diffuser au plus vite!

    http://www.m6.fr/m6-et-vous/contact-service-telespectateurs.html

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