Majgull AXELSSON, La maison d’Augusta

Publié par le Juin 18, 2011 dans Blog | 0 commentaire

 

Majgull AXELSSON, La maison d’Augusta

 

 

Présentation de l’éditeur :

Qui est Augusta ? D’où vient-elle ? Personne ne le sait. Pas même elle. Quand elle est de bonne humeur, elle prétend avoir surgi du milieu d’un champ de pommes de terre et être restée là, à germer jusqu’à la fin de sa croissance. Évidemment, ce n’est qu’une histoire, parmi les nombreuses fables qu’elle cache dans ses cheveux. Ces histoires l’empêchaient de se rappeler sa vie de bâtarde à l’orphelinat et Olga, cette fille qu’elle ne désirait pas, tout comme elle-même n’avait jamais été désirée. La maison protégera également la famille d’Alice, petite fille d’Augusta, en permettant à la jeune fille de seize ans de cacher une grossesse honteuse. Pour Angelica, son arrière-petite-fille, la maison deviendra une cachette, non plus synonyme d’enfermement mais de liberté. Peut-on cependant recommencer sa vie quand on n’a que seize ans et l’impression d’en avoir mille ?

 

L’auteur :

Née en 1947 en Suède, Majgull Axelsson est à l’origine diplômée en journalisme. Après le succès de La Sorcière d’avril, La maison d’Augusta est le nouveau roman cette grande romancière suédoise qui sait si bien raconter la condition féminine.

 

Titre original : Slumpvandring

 

Année de publication : 2002

 

Premières lignes :

« Le renard voit ce que personne d’autre ne voit. Tache de cuivre dans une forêt cuivrée, il scrute l’automne, enregistre ses mouvements et ses odeurs. C’est pourquoi la trace propre à son odeur suit des voies sinueuses. »

 


 

Mon avis :

 

Je ne connaissais pas du tout l’auteur de ce livre lorsque je l’ai entamé, ignorant donc le succès de son précédent roman. Même si celui-ci semble presque impossible à résumer, je peux quand même dire qu’il déconcerte et dépayse, toutefois je ne qualifierais pas sa lecture de facile.

Centrée autour des personnalités complexes de femmes d’une même famille à différentes époques, l’histoire a pour fil rouge, reliant ces quatre générations, la petite maison de la matriarche, Augusta. C’est en effet vers ce lieu ambivalent (tantôt prison, tantôt abri) que se tourneront les autres, qui en quête d’une cachette, qui d’un refuge.

L’auteur brosse ces portraits par petites touches, entrelaçant les filiations en une sorte de tissage élaboré que le lecteur devra dénouer, ce qui s’avère un peu ardu. Leurs destinées, parfois fracassées, toujours tragiques, sont finalement le seul héritage de ces femmes. De même que la maison, pleine de leurs souvenirs d’Augusta, demeure un point de repère stable lorsque la tourmente vient les frapper.

L’analyse psychologique des personnages, subtile et nuancée, contribue à nous les rendre attachants. Au fil des pages, on se sent transporté dans un univers et une culture totalement étrangers au premier abord, mais finalement assez proches des nôtres, tant il est vrai que certains comportements sont propres à l’humanité tout entière.

Il est donc intéressant de découvrir de nombreux détails sur la vie d’autrefois dans cette campagne suédoise reculée, avec notamment en filigrane des conditions de vie très rudes, particulièrement pour les femmes maintenues sous la coupe parfois arbitraire de leurs maris.

Baigné dans cette atmosphère où l’amour semble indissociable de la violence, on réalise que la situation n’a hélas guère changé en l’espace de plusieurs décennies. Outre ces thèmes, l’auteur semble avoir une prédilection pour celui du secret, s’attachant à décrire les dégâts et le gâchis que peuvent occasionner les non-dits dans une existence.

Quant à la forme de l’ouvrage (c’est-à-dire le style), très littéraire, elle est en parfaite adéquation avec le fond. Je veux dire par là que l’écriture est à l’image de l’histoire : austère, très dépouillée, refusant le pathos comme la facilité. Très bien traduit, le roman possède une couleur particulière, à l’image des paysages suédois : sobres et épurés.

Si j’ai apprécié ce mélange d’intensité, de gravité et d’étrangeté se dégageant du livre, j’avoue m’être parfois sentie un peu tenue à distance par la sécheresse du ton et la complexité de ces trajectoires qu’il nous faut reconstituer. Je conseille quand même cette lecture, ne serait-ce que pour l’atmosphère et le dépaysement, qui valent tous deux amplement le détour.

 

Ma note :

 


 

 

Six étoiles (sur dix).

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