Patrick MODIANO, Rue des boutiques obscures

Publié par le Sep 28, 2012 dans Blog | 0 commentaire

Patrick MODIANO, Rue des boutiques obscures

 

 

Présentation de l’éditeur :

Que reste-t-il de la vie d’un homme ? Une photo, au fond d’une boîte ou d’un tiroir, des papiers administratifs, quelquefois une fiche de police ou un nom dans un Bottin. Et aussi les souvenirs de ceux qui l’ont connu ou rencontré. Ils seront de moins en moins nombreux et leurs souvenirs de plus en plus vagues. Ainsi l’écho d’une vie décroît-il jusqu’à s’éteindre tout à fait. A supposer que quelqu’un puisse revenir sur terre après sa mort, que retrouverait-il de lui dans les lieux qui lui étaient familiers et dans la mémoire des autres ? Et qui pousse un certain Guy Roland, employé dans une agence de police privée que dirige un baron balte, à partir à la recherche d’un inconnu disparu depuis longtemps ? Le besoin de se retrouver lui-même après des années d’amnésie ?

 

L’auteur :

Patrick Modiano est né en 1945 à Boulogne-Billancourt. Il a fait ses études à Annecy et à Paris. Il a publié son premier roman, La Place de l’Etoile, en 1968. Il reçoit le prix Goncourt en 1978 pour Rue des Boutiques Obscures et le Grand Prix national des Lettres pour l’ensemble de son œuvre en 1996. Il est aussi l’auteur, en collaboration avec Louis Malle, du scénario de Lacombe Lucien.

 

Année de publication : 1978

 

Premières lignes :

"Je ne suis rien. Rien qu'une silhouette claire, ce soir-là, à la terrasse d'un café. J'attendais que la pluie
s'arrêtât, une averse qui avait commencé de tomber au moment où Hutte me quittait." 

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Mon avis :

 

N’ayant jusqu’ici jamais rien lu de Patrick Modiano, découvrir cet auteur réputé par le biais du roman qui lui valut le prix Goncourt me semblait une heureuse coïncidence. Finalement, cette lecture m’a quelque peu déroutée et si je ne nie pas que cela soit effectivement de la littérature, j’ai davantage goûté la forme que le fond de cet ouvrage.

Ceci m’amène à l’intrigue du roman : en 1965, Guy Roland, un détective frappé d’amnésie, se lance à la recherche d’un homme mystérieux et simultanément, sur les traces de son propre passé brumeux, lequel date principalement de la Seconde Guerre mondiale. Ce personnage et narrateur principal tente donc, on ne sait pourquoi, de reconstituer la vie d’un certain Pedro, auquel il va progressivement s’identifier, au point de se persuader qu’il s’agit en fait de lui-même.

Ce roman d’enquête, voire même de quête tout court, emprunte aussi quelques éléments au genre classique du roman policier : un détective, une investigation, des témoins et… de nombreuses fausses pistes. Au cours de ses recherches, qui débutent à Paris, Guy est confronté à divers lieux et personnages cosmopolites, notamment dans le cercle des émigrés russes.

L’auteur semble particulièrement attaché aux thèmes de la mémoire, des souvenirs, de l’identité, des secrets, de la paternité et de l’abandon, récurrents au sein du livre et qui (selon ce que j’ai appris par la suite) font directement écho à sa propre histoire personnelle et familiale, assez mouvementée.

Certes, on pourrait lui reprocher de se complaire dans une certaine lenteur, chose qui ne me rebute pas, bien au contraire. En revanche, j’ai éprouvé un intérêt assez modéré pour les personnages, auxquels il m’a été difficile de m’attacher davantage que superficiellement.

De même, l’intrigue en tant que telle ne m’a pas réellement passionnée ni tenue en haleine, néanmoins, j’ai apprécié la douce mélancolie se dégageant du livre, ainsi que le fait de ne pas avoir toutes les réponses, ce qui met le lecteur dans le même état de confusion que le narrateur.

Peut-être est-ce dû à la composition « impressionniste » de l’ouvrage, qui semble bâti à partir d’une juxtaposition de petites touches, aboutissant ainsi à une multiplication de facettes, comme dans un prisme. En effet, l’auteur navigue fréquemment entre personnages, points de vue et même narrateurs, entremêlant les destinées de chacun en une sorte de puzzle, parfois un peu ardu à suivre pour le lecteur.

Quant à la construction proprement dite, elle s’appuie sur des chapitres courts, une langue agréable à lire, un style fluide et épuré, sans oublier ce fameux je-ne-sais-quoi dans le rythme, impalpable mais bien présent, qui finit par séduire tout en douceur. Petit bémol : la fin plus qu’ouverte, un peu frustrante.

Pour conclure, si à la lecture de ce roman j’ai éprouvé un brin de déception vis-à-vis de mes attentes de départ, son atmosphère nostalgique et sa subtilité de ton m’ont suffisamment plu pour me donner envie de poursuivre la découverte de cet auteur tout à la fois énigmatique et insaisissable.

Ma note :

 

 

 

 

Six étoiles (sur dix).

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